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Musique et musiques militaires françaises

De l'Antiquité au XVIIe siècle.

Dès l'Antiquité, cuivres et percussions participent aux triomphes des chefs militaires et aux "jeux" du cirque, avec des sonorités martiales.  

À l'époque médiévale, les percussions se doivent d'impressionner l'adversaire. Les cuivres rythment la vie civile, et pas seulement celle des soldats. Parallèlement aux airs de vènerie au son du cor, les "sonneries" ponctuent les temps forts de la vie quotidienne : réveil, déjeuner, accueil de quelque grand prince ou seigneur, couvre-feu. De courte durée et répétitives, elles s'inspirent souvent d'airs populaires.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles

En France, au XVIIe siècle, Lulli fait interpréter des "marches" militaires (2/4 ou 6/8) par des trompettes (cuivres), haubois, petites flûtes ou fifres (bois) et timbales (percussions), plus spécifiquement pour les fêtes et particulièrement pour les grands carrousels.

 

 

Les timbaliers disposent les timbales de part et d'autre de la selle de leurs chevaux porteurs, des percherons, par exemple.

 

 

 

Souvent, les jeunes tambours marchent devant les soldats qui montent au front et les entraînent au rythme des peaux frappées. Ces adolescents sont-ils vraiment préservés des balles qui sifflent au-dessus de leur têtes parce qu'ils sont de taille plus modeste que leurs aînés combattants ?

 

Cependant les corps de musique militaire constitués sont encore peu nombreux. Il faut attendre la fin du XVIIIe siècle pour voir défiler les premières musiques militaires, avec des instruments de musique dont certains ne sont plus en usage, tels que les "clarines", "serpents" et "ophicléides". 


Éducation musicale au XIXe siècle

À la fin du XIXe siècle, les orchestres d'harmonie à vent (les orphéons) se multiplient sur le modèle des orchestres symphoniques dont le nombre de pupitres s'est élargi à la demande des compositeurs qui disposent désormais d'une vaste palette de couleurs instrumentales.

Les orchestres d'harmonie civils sont souvent associés à des clubs sportifs en plein développement, un vivier pour les orchestres militaires, par l'intermédiaire du service militaire. Ils sont majoritairement composés de musiciens amateurs, enseignés dans les écoles de musique, créées dans le cadre de l'éducation populaire des jeunes générations. À partir de 1901, la loi sur les associations renforce la cohésion de ces "sociétés" musicales. Les harmonies, souvent derrière leur drapeau, tant militaires que civiles, participent à toutes les fêtes publiques.

 

Progrès dans les techniques instrumentales 

De nombreux instruments ont fait de réels progrès : Par exemple la clarinette, grâce à Heinrich Bärmann et aux systèmes Albert et Böhm, entre autres. Adolphe Saxe invente le saxophone (bois) et met au point le saxhorn (cuivre). 

 

 

 

Orchestres symphoniques et orchestres à vent

Si l'orchestre symphonique classique est composé ordinairement d'instruments à cordes et à vent, les harmonies-fanfares, militaires et civiles, se caractérisent par l'utilisation quasi-exclusive d'instruments à vent (bois et cuivres) auxquels s'ajoute toute la gamme des percussions. 

Dans un orchestre d'harmonie (à vent), les clarinettes et les saxophones tiennent la place habituellement réservée aux pupitres des violons, altos, violoncelles.

Les cuivres

Les instruments à vent ont l'avantage d'être un peu moins fragiles que les instruments à cordes; ils sont plus sonores et surtout plus faciles à utiliser dans les défilés.

 

Dans la série des cuivres, deux possibilités s'offrent aux formations musicales :

  • Soit les instruments utilisant des pistons et des clés : trompettes d'harmonie, cors d'harmonie, cornets à pistons, bugles, saxophones, soubassophones ; le trombone à coulisse s'apparente aux instruments équipés de pistons. Dans ce cas, le répertoire est vaste. Il peut s'agir de transcriptions de musiques symphoniques dont les originaux ont été conçus pour instrument à cordes et à vent. Il peut s'agir aussi d'adaptations : musiques de films, variétés, créations originales. 
  • Soit des instruments naturels, c'est-à-dire sans pistons (dits autrefois instruments d'ordonnance) : trompettes de cavalerie, clairons, cors de chasse. Dans ce cas, les formations jouant sur ces instruments ont un répertoire spécifique (œuvres anciennes, adaptations (quand c'est possible), créations contemporaines. En effet, ces instruments ne peuvent jouer qu'une partie des notes chromatiques de la gamme à partir d'une note fondamentale, d'autres notes harmoniques étant obtenues par la position des lèvres et l'intensité du souffle.

 

 

Il ne faut donc pas attendre d'une trompette de cavalerie qu'elle vous interprète la Marseillaise. En revanche, ces instruments, simples de conception, ont un rendu sonore plus clair, plus percutant et plus puissant, d'où leur utilisation militaire.

 

Le champ des  "sonneries" s'est élargi. Elles prennent leur forme définitive au XIXe siècle et demeurent en usage, compréhensibles de tous et à distance : du lever au coucher des troupes, charge, cessez-le feu, sonnerie aux morts, retraite... Chaque régiment possède aussi une sonnerie distinctive qui lui est propre. Clairon dans l'infanterie, trompette dans la cavalerie, leur registre étant différent. 

Formations musicales à vent pour défilés militaires au XXe siècle

La France a connu et connaît encore différentes structures de musiques militaires et civiles, destinées à défiler : les formations composées de cuivres et plus particulièrement d'instruments "naturels" (exemple : la fanfare de Cavalerie de la Garde républicaine) ; les harmonies-fanfares, mixtes : batterie-fanfare (clique) + orchestre d'harmonie, ou orchestre d'harmonie seul.

Le bagad de Lann-Bihoué est, quant à lui, constitué, comme tous les bagadou civils, de percussions, bombardes et binious (bois), et de quelques cuivres.

Spécificité française :

Cette disposition particulière -civile ou militaire- tend à se faire de plus en plus rare :

  • La clique conduite à l'avant par le tambour-major : percussions (tambours, grosse-caisse, timbales), clairons, trompettes naturelles.
  • L'orchestre d'harmonie conduit par le chef de musique, c'est-à-dire l'orchestre à vent (cuivres d'harmonie et bois) et ses propres percussions. L'ensemble a longtemps constitué une spécificité française, idéal pour interpréter la Marche Lorraine (Louis Ganne), la Marche de la 2e DB (Maurice Le Roux), par exemple.

De nombreuses œuvres contemporaines sont ou ont été composées ou "arrangées" afin de combiner instruments naturels et orchestre d'harmonie. (Jacques Devogel est l'un de ces compositeurs).

En concert et en salle, une formation militaire d'instruments à vent peut être complétée par des instruments à cordes.

Il est tout aussi possible de présenter une formation d'instruments à vent structurée en brass-band.

 Au XXIe siècle

Depuis le remaniement des musiques militaires qui a suivi la fin de la conscription, et en conséquence la réduction de leur nombre et de leurs effectifs, le concept de "Musique" militaire est attribué à des formations de l'Armée de Terre composées de musiciens professionnels ayant également choisi la fonction militaire. "Fanfares" désigne des formations harmoniques d'instruments à vent, indistinctement des formations utilisant uniquement des cuivres (naturels ou harmoniques), dans lesquelles des militaires sont aussi des musiciens.

À toutes ces formations musicales principalement destinées à défiler, s'ajoutent des formations "classiques" telles que l'Orchestre symphonique de la Garde Républicaine et le Chœur de l'Armée française.

Crédits photos

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